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Lettres d'atelier | être artiste : peindre, évoluer et apprendre à faire des choix

Photo du rédacteur: Lucie Collot
Lucie Collot
il y a 14 heures
4 min de lecture

Depuis maintenant deux ans, je partage sur ma chaîne YouTube des vidéos tournées dans mon atelier à Grenoble. J'ai choisi de les réunir sous le nom de Lettres d'atelier.



Lucie Collot, artiste peintre, dans son atelier à Grenoble, devant plusieurs peintures acryliques sur toile aux compositions végétales et colorées. L'artiste observe une toile en cours de réalisation.

Ces vidéos sont une manière de documenter mon travail au moment où il se construit. On m'y voit peindre, préparer mes toiles, chercher de nouvelles compositions, parfois reprendre une peinture pendant plusieurs semaines. J'y parle aussi des questions qui accompagnent mon quotidien d'artiste, de mes expériences et des décisions que je prends pour faire évoluer mon activité.


Je peins depuis de nombreuses années, bien avant de commencer à filmer mon atelier. Ces vidéos ne racontent donc pas mon parcours depuis ses débuts. Elles témoignent plutôt d'une période précise de ma vie d'artiste, avec ses recherches, ses interrogations et ses évolutions.



Documenter une pratique artistique en constante évolution

J'ai commencé à développer mon langage pictural en 2008, principalement à travers l'aquarelle et l'encre sur papier. Depuis l'installation de mon atelier à Grenoble en 2023, l'acrylique sur toile a progressivement pris une place importante dans mon travail.

Ma peinture évolue, mais ma façon de travailler aussi.

Dans mes dernières Lettres d'atelier, je partage notamment mes recherches autour de la composition, des couleurs et de la matière. Je m'interroge sur certaines habitudes que j'ai prises au fil des années et sur celles dont j'aimerais parfois m'éloigner.

Pendant un temps, j'ai par exemple essayé de préparer davantage mes peintures en amont. Je me suis demandé pourquoi je ne réalisais presque jamais de croquis préparatoires, pourquoi j'avais besoin de commencer directement à peindre, sans savoir précisément ce que j'allais faire apparaître.

Ce sont des questions qui m'intéressent, parce que je n'ai pas envie de considérer ma manière de peindre comme quelque chose de définitivement établi.



Se professionnaliser : apprendre aussi à dire non

Dans une Lettre d'atelier tournée entre juin et août 2026, j'aborde un autre sujet qui prend de plus en plus de place dans mes réflexions : la professionnalisation de mon activité artistique.


À quel moment se sent-on légitime à se présenter comme artiste peintre ? Et qu'est-ce que cela signifie, concrètement, de construire une activité professionnelle autour de sa peinture ?

Ces questions m'accompagnent depuis plusieurs années.


J'ai longtemps eu tendance à considérer chaque proposition d'exposition comme une opportunité à saisir. Lorsqu'on cherche à faire connaître son travail, il peut être tentant d'accepter toutes les occasions de montrer ses peintures.


Aujourd'hui, mon regard a changé.


Je suis devenue plus attentive aux conditions dans lesquelles mon travail est présenté, au temps que demande la préparation d'une exposition, aux frais qu'elle peut engendrer et à ce qu'elle apporte réellement à mon parcours.


Je ne souhaite plus accepter certaines propositions simplement parce qu'elles me permettent d'exposer. Je m'interroge notamment sur les demandes de participation financière adressées aux artistes, sur la rémunération de leur travail et sur la place qu'on leur accorde dans l'organisation d'un événement.


Cela ne signifie pas que je refuse toute exposition non rémunérée. Chaque projet est différent et mérite d'être considéré dans son ensemble. Mais je souhaite désormais faire des choix plus réfléchis, en accord avec mon travail et la manière dont j'envisage son développement.

Apprendre à dire non fait aussi partie de cette évolution.



Trouver un équilibre entre peinture et activité professionnelle

Se professionnaliser ne consiste pas uniquement à exposer davantage ou à vendre ses œuvres.

C'est aussi apprendre à organiser son temps, à développer ses outils de communication, à présenter son travail et à créer des occasions de rencontre.

Dans cette vidéo, je parle de ma double activité professionnelle et de la recherche d'équilibre qu'elle implique. Je souhaite continuer à développer ma peinture, lui consacrer du temps et de l'énergie, tout en préservant une stabilité financière.

Cette organisation n'est pas toujours simple. Le temps passé à préparer une exposition, à photographier des œuvres, à mettre à jour une boutique en ligne ou à répondre à des sollicitations est autant de temps que je ne passe pas à peindre.

Je cherche donc progressivement à mieux définir mes priorités.

L'évolution de mon site internet, la création d'un nouveau portfolio et la manière dont je présente mes œuvres font partie de ce travail. Ce sont des aspects moins visibles de la vie d'artiste, mais qui occupent une place importante dans la construction d'une activité professionnelle.



Pourquoi je continue à partager mes Lettres d'atelier

Lorsque j'ai commencé à filmer mon quotidien, je souhaitais avant tout montrer ce qui se passait dans mon atelier.

Avec le temps, ces vidéos ont pris une autre dimension. Elles me permettent aussi de formuler des réflexions que je n'aurais peut-être pas pris le temps d'écrire, de revenir sur certaines expériences et de garder une trace de l'évolution de mon travail.

Je n'ai pas toujours de réponses définitives aux questions que j'aborde. Mon rapport à la peinture, aux expositions et au métier d'artiste continue de se construire.


C'est aussi ce que j'ai envie de partager à travers ces Lettres d'atelier : une pratique artistique telle qu'elle se vit aujourd'hui, avec le plaisir de peindre, les recherches, les choix, les difficultés et les projets qui l'accompagnent.



À découvrir en vidéo : se professionnaliser en tant qu'artiste peintre

Dans cette Lettre d'atelier tournée durant l'été 2026, je vous retrouve au travail sur plusieurs peintures et partage mes réflexions sur la légitimité artistique, les conditions d'exposition, la place des croquis préparatoires et les choix que je fais aujourd'hui pour développer mon activité.

Une manière de découvrir ces questionnements au fil des journées passées à l'atelier.


​Lucie











 
 
 

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